Une figure de surf est une manœuvre que tu places à un endroit précis de la vague : en bas, sur l'épaule, en haut, au-dessus de la lèvre ou à l'intérieur. C'est dans cet ordre que Philippe Malvaux classe les figures de surf dans La Méthode Malvaux, avec ce principe : « Plus le surfeur connaît de manœuvres, plus il peut s’exprimer. » Ce lexique suit le même chemin, du bottom turn à l'aérien.
La plupart des figures existent en frontside (face à la vague) et en backside (dos à la vague). Elles s'adressent à des surfeurs de niveau intermédiaire à expert. Si tu débutes, commence par La Formation Surf, le guide Surf Progress pour débuter.
À quoi sert une figure de surf : la manœuvre « fonctionnelle »
Une manœuvre fonctionnelle est une manœuvre qui génère de la vitesse, parfaitement adaptée à la forme de la vague et à son déferlement. Le surfeur y arrive en trois temps :
- Il fait la vague pour exécuter une manœuvre, et apprend les figures une à une.
- Il additionne les manœuvres, l'une après l'autre.
- Il relie des manœuvres fonctionnelles grâce à la vitesse gagnée. C'est le « linking », qui fait apparaître le flow.
« Désormais, on fait des manœuvres pour faire la vague », écrit Philippe. Sur un roller ou un carve, par exemple, l'appui en haut de vague devrait entraîner une accélération dans la pente suivante.
Il compare aussi la vague à des pistes de ski : l'épaule est la piste bleue, le mur la piste rouge, le curl (le creux de la vague) la piste noire, le tube et la mousse le hors-piste. Le surfeur intermédiaire reste en piste bleue. Les premières vraies manœuvres apparaissent en piste rouge. L'expert cherche la piste noire.

Les figures en bas de vague : le bottom turn
Le bottom turn est le virage que tu effectues en bas de la vague. Il conditionne toutes les manœuvres qui suivent en haut : c'est à la sortie du bottom que tu choisis la figure que tu pourras faire. La technique complète est dans notre article sur le bottom turn en surf.
Sur l'épaule de la vague : le cut-back
Le cut-back est une manœuvre de retour vers le creux de la vague, là où son énergie est concentrée. Il sert à reprendre de la vitesse et à rester connecté à la vague. Tu dessines une sorte de 8 couché : un grand virage arrondi vers le point de déferlement, puis un second, plus bref et plus radical, sur le rail opposé (le rail est le bord de la planche). En frontside, c'est la première manœuvre qu'on apprend, et pourtant l'une des plus complexes du surf. Le détail est dans notre article sur le cut-back en surf.
Les figures en haut de vague : roller, snap, floater, carve
Le roller
Le roller est l'un des premiers virages verticaux qu'on apprend. Il se réalise en haut de vague, généralement tout près du curl, par un virage radical et explosif : tu cherches à sortir un maximum de planche au-dessus de la lèvre. Il sert à exploiter la partie haute de la vague et à reprendre de la vitesse dans la pente suivante.
Le snap
Le snap, ou snap-back, se place dans la partie creuse, entre le milieu et le haut de la vague. Tu grimpes avec de la vitesse, puis tu envoies un énorme coup de pied arrière pour faire tourner la planche brusquement. « Le snap casse la courbe », résume Philippe. La figure est intéressante dans le curl quand la vague ralentit, ou sur une vague qui ferme. Elle est aussi très intéressante dans les vagues massives et grosses, mais très risquée, car la chute est mauvaise.

Quelle différence entre un snap et un roller ?
La comparaison vaut pour le backside : de dos à la vague, les deux mouvements sont similaires. Au snap, tu attaques plus tôt dans la montée, tu pousses au maximum depuis environ la moitié supérieure de la vague jusqu'au sommet, puis tu bloques en arrivant en haut. Au roller, tu continues de pousser un peu pendant la descente pour accélérer dans la pente suivante. Le snap génère de la puissance au détriment de la vitesse.
Le floater
Le floater consiste à glisser au-dessus de la lèvre ou de la mousse pour franchir une section qui ferme, puis à reconnecter avec le mur. Il sert surtout à gagner de la vitesse pour préparer une grosse manœuvre juste après. C'est une manœuvre risquée, car la réception peut s'avérer dangereuse.
Le carve
Le carve est un virage puissant en arc de cercle sur le rail. Il démarre au sommet de la vague et l'appui se prolonge dans la descente : une sorte de demi cut-back dans le curl. C'est une manœuvre fonctionnelle, qui génère de la vitesse et crée du lien entre les figures.

Le reentry
Le reentry est souvent la dernière manœuvre avant la fermeture de la vague. Le but : frapper la lèvre qui se projette, sur la section qui arrive vers toi. Il demande de la vitesse, de l'engagement et de la précision, car la réception peut être risquée, surtout quand la lèvre explose en bas de vague.
Le carving 360
Le carving 360, ou boucle, est une manœuvre très avancée. Tu dessines un cercle sur le rail, dans le sens du déferlement, du bas de la vague à son sommet, avant de redescendre. Il se fait généralement au coin de la lèvre, au-dessus du curl. À la différence du 360 classique, la planche ne dérape pas.
Les tricks de base : 360 et reverse
Le 360 est un tour complet de la planche sur l'eau, en dérapage contrôlé. Tu fais décrocher volontairement l'arrière de la planche vers le bas de la vague, puis tu pivotes jusqu'à ce que le nose (l'avant de la planche) repasse devant. La mousse est idéale pour débuter.
Le reverse est une rotation complète de la planche dans le sens inverse d'un 360 classique. Il se fait en haut de vague, en attaquant une mousse qui dévale la pente ou une petite lèvre.
Au-dessus de la lèvre : le blow tail
Le blow tail out, ou frontside waft quand tu es face à la vague, commence comme un roller classique. Mais au-dessus de la lèvre, tu fais volontairement décrocher l'arrière de la planche. C'est une manœuvre spectaculaire, radicale et très risquée. En backside, elle compte parmi les plus techniques du surf moderne.
Au-dessus de la vague : les airs
« On n’est pas obligé de faire des airs pour être un surfeur accompli et de haut niveau », écrit Philippe. Les airs font pourtant partie du surf actuel. Deux familles existent : les airs grabés, où tu saisis la planche en l'air, et les airs non grabés. Les grabs servent à te stabiliser en l'air et à garder la planche avec toi.
- Le straight air : généralement le premier air qu'on tente. Tu décolles, tu réorientes le nose vers le bas, puis tu atterris.
- L'air reverse : tu décolles, tu effectues une rotation d'environ 180° à 270° en l'air, puis la planche tourne encore d'environ 180° une fois posée. C'est une manœuvre risquée, à tenter sur des vagues pas trop grosses, sans aller trop haut. En backside, tu ne vois pas la zone d'atterrissage pendant une bonne partie de la rotation : ne cherche à plaquer que si la réception te semble possible.
- L'alley-oop : une rotation de 360° dans le sens inverse de l'air reverse, plutôt réservée aux surfeurs avancés à experts.
Tous demandent de la vitesse. Sur un straight air, si tu attaques dans un mur qui creuse trop, tu risques d'être projeté trop loin devant la planche, sur le plat, et de te faire éclater à la réception.

À l'intérieur de la vague : le tube
Dans un tube, tu glisses à l'intérieur de la vague, sous la lèvre. L'objectif est d'y avancer à la même vitesse que lui : trop à l'intérieur, tu te fais enfermer ; un peu trop devant, tu attends d'être recouvert pendant toute la vague. En frontside, tu peux partir directement dedans (le pull-in) ou t'y placer après un bottom turn. En backside, la position la plus utilisée est le pigdog : très accroupi, la main arrière sur le rail.
Le tube engage. Il faut accepter le risque de tomber, de te faire percuter par ta planche ou d'être écrasé au fond. Il requiert beaucoup d'expérience et de détermination. On apprend d'abord sur de petits tubes, puis de plus en plus gros. Notre article pour prendre son premier tube détaille l'approche.
Les erreurs fréquentes
- Surfer loin du curl, en partant directement en travers par peur de perdre la vague : peu de vitesse et un espace de surf réduit.
- Oublier le bottom turn avant un snap. C'est le principal défaut sur cette figure.
- Lâcher le bottom trop tôt avant un air. Tu ne décolleras pas.
Tableau récapitulatif des figures de surf
| Figure | Zone de la vague | À quoi elle sert |
|---|---|---|
| Bottom turn | En bas de vague | Préparer les manœuvres en haut de vague |
| Cut-back | Sur l'épaule | Revenir vers le creux, là où est l'énergie |
| Roller | En haut, près du curl | Exploiter le haut de la vague, reprendre de la vitesse |
| Snap | Partie creuse, du milieu au haut | Dégager de la puissance, au détriment de la vitesse |
| Floater | Sur la lèvre ou la mousse | Franchir une section qui ferme |
| Carve | Du sommet à la descente | Générer de la vitesse, lier les manœuvres |
| Reentry | Sur la fermeture | Finir la vague en frappant la lèvre |
| Carving 360 | Au coin de la lèvre | Dessiner un cercle sur le rail |
| 360 et reverse | Sur la mousse ou une petite lèvre | Faire un tour complet en dérapage |
| Blow tail out | Au-dessus de la lèvre | Faire décrocher l'arrière de la planche |
| Airs | Au-dessus de la vague | Décoller, puis atterrir pour continuer |
| Tube | À l'intérieur de la vague | Glisser sous la lèvre le plus longtemps possible |
Questions fréquentes
Quelle est la première figure de surf à apprendre ?
Le cut-back frontside. On le découvre avant même le bottom turn, parce que dès les premières vagues il faut revenir vers le creux pour ne pas perdre la vague.
C'est quoi un roller en surf ?
Un virage radical en haut de vague, tout près du curl, où tu cherches à sortir un maximum de planche au-dessus de la lèvre. Un bon roller commence en bas, pendant le bottom turn.
Faut-il savoir faire des airs pour bien surfer ?
Non, on peut être un surfeur accompli et de haut niveau sans eux. Pour Philippe, ils s'apprennent toutefois jeune (plus tard, c'est possible, mais bien plus difficile) et, dès qu'on atteint une vitesse suffisante et que la vague s'y prête, il faut tenter, en commençant dans des conditions douces, pas grosses.
Aller plus loin avec La Méthode Malvaux

Dans La Méthode Malvaux, Philippe Malvaux analyse les manœuvres de ce lexique étape par étape, avec ses conseils d'entraîneur. Découvre le livre La Méthode Malvaux.




