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Cut-back en surf : la technique pas à pas

Le cut-back ramène le surfeur vers le creux de la vague, là où l'énergie est concentrée, en deux virages qui dessinent un 8 couché. On reprend ici l'analyse de Philippe Malvaux dans La Méthode Malvaux : le frontside en neuf étapes, les erreurs à éviter, puis le backside.

Par Surf Progress · 04/10/2026

Un élève en plein virage, la gerbe d'eau derrière lui

Le cut-back, en surf, est une manœuvre de retour vers le creux de la vague : parti vers l'épaule, la partie de la vague la plus loin du déferlement, tu reviens là où l'énergie est concentrée.

Dans La Méthode Malvaux, Philippe présente le cut-back frontside à la fois comme la première manœuvre qu'on apprend et comme l'une des plus complexes du surf. On le découvre avant le bottom turn (le virage en bas de vague), parce que dès les premières vagues il faut revenir vers le creux pour ne pas perdre la vague. Mais il demande de l'anticipation, de la lecture de vague, de la précision, de l'engagement et du contrôle du rail, le bord de la planche. On le perfectionne toute sa vie de surfeur.

À quoi sert le cut-back en surf ?

Le but : ne pas t'éloigner trop loin de la puissance de la vague. La pente la plus raide se trouve normalement près du point de déferlement, dans le curl (le creux). C'est là que la vague fournit le maximum de son énergie et que tu prends le plus de vitesse.

Sur l'épaule, tu as peu de vitesse et un espace de surf réduit. En revenant vers l'intérieur, tu te relances et tu restes connecté à la vague.

Autre raison : le surfeur qui s'éloigne du curl puis y revient par des cut-backs parcourt, dans le même temps, beaucoup plus de distance que celui qui file en travers. Il va donc plus vite. Le détail est dans notre article prendre de la vitesse en surf.

Le 8 couché : deux virages dans une seule manœuvre

Un bon cut-back est un retour fluide et contrôlé vers le curl, avec du rebond en fin de courbe pour repartir avec de la vitesse dans le mur (la paroi de la vague). Tu dessines une sorte de 8 couché, le symbole de l'infini.

  • Premier virage : grand, bien arrondi, de retour vers le point de déferlement.
  • Deuxième virage : plus bref et plus radical, adapté à la forme du creux qui t'arrive dessus.

Il faut donc savoir tourner sur deux rails opposés. En frontside (face à la vague), le premier virage se pousse sur les talons. En backside (dos à la vague), sur la pointe des pieds.

« Le cut-back peut devenir la signature du surfeur à la fin d’un ride, notamment à la sortie d’un joli tube. C’est le point à la fin de la phrase », écrit Philippe.

Page 70 de La Méthode Malvaux : le cut-back frontside, amplitude et flow, avec une séquence de quatre photos
Extrait de La Méthode Malvaux, page 70 : le cut-back frontside présenté en quatre photos.

Cut-back frontside : la technique pas à pas

Voici l'analyse technique du livre, dans son ordre, citations comprises : douze points, regroupés ici en neuf étapes, pour un niveau intermédiaire à expert.

  1. Lis la vague et pars tôt. Repère une section molle ou une fin de mur, là où tu vas perdre de la vitesse. Anticipe ce ralentissement : attaque quand la vague a encore de l'énergie, un peu de mur devant toi, et surtout quand tu as encore de la vitesse. « Plus tu attaqueras le cut-back avec de la vitesse, plus il sera beau et efficace. »
  2. Trouve la bonne ligne. L'idéal : arriver par le bas, du tiers inférieur de la vague, et amorcer par une sorte de bottom turn allongé vers l'épaule. Haut dans le mur, laisse-toi glisser ou projette-toi vers l'épaule, puis penche-toi dans le vide. Au pied du mur, grimpe aussi vite et aussi loin que possible.
  3. Allonge ton bottom et serre la paroi. Prolonge-le sur le rail le plus loin possible vers l'épaule, jusqu'à l'amorce du premier virage. Tu peux aussi le remplacer par une simple impulsion vers l'avant. « Ton objectif devrait être de dessiner le plus grand cut-back possible sans perdre de vitesse. »
  4. Place ton pied arrière. Plus tu veux tourner serré, plus tu le recules. Ici, la première courbe est allongée : inutile de le reculer complètement, entre les dérives (les ailerons). Pose-le plutôt sur les dérives avant, voire légèrement devant.
  5. Sois le plus bas possible par rapport à ta planche. Laisse-la monter le plus haut possible, parallèle à la lèvre (le haut de la vague), à l'horizontale, et penche-toi en arrière, dans le vide, autant que ta vitesse le permet : c'est comme à vélo. Au départ, essaie d'avoir la planche face à ton bassin pour pousser sur les deux talons, pas seulement sur la jambe arrière. Plus tu es excentré, mieux c'est. Si tu arrives le corps très au-dessus de la planche, amène ton poids sur la jambe avant, semi-fléchie, laisse-toi pencher en arrière et pousse fort sur les jambes.
  6. Lance la rotation, bassin en tête. Le haut du corps anticipe généralement sur le bas, sans que ce soit une obligation, et guide la planche : c'est le vissage-dévissage, les épaules tournent, la planche suit. Mais c'est le bassin qui enclenche et devance le mouvement, avec les bras bien écartés et verrouillés aux épaules, qui font levier. Le bras avant guide la trajectoire, le bras arrière sert de balancier. Reste compact et gainé : cette rotation n'est efficace que verrouillée au bassin.
  7. Tiens ton regard. Le mouvement suit le regard, qui devance légèrement la planche. Mais attends la dernière partie du premier virage pour regarder derrière, vers la mousse (l'eau blanche).
  8. Arrondis la première courbe au maximum et incline les épaules. Pour radicaliser ton deuxième virage, passe par le bas, le plat de la vague, presque comme un bottom backside. Ne garde pas les épaules à l'horizontale pendant tout le virage : penche-toi, pars dans la pente. À la fin de la courbe, elles basculent de la verticale à l'horizontale, entraînent le bassin verrouillé et dégagent la planche de l'eau. Le livre donne ici un tip qu'il attribue à Kelly Slater : à la fin du premier virage, à la sortie de la pente, descends l'épaule arrière.
  9. Cherche du rebond dans le deuxième virage. Selon la forme de la vague, tes bras prolongent la courbe, ou au contraire l'écourtent et cassent la trajectoire si la mousse est très proche. Anticipe le demi-tour par une belle rotation du haut du corps. Prends appui sur la mousse qui arrive, fléchis au maximum pour absorber le rebond, puis détends-toi et repars dans le mur : c'est le roundhouse, ou reentry (un virage sur la fermeture de la vague). Peu radical au début, il deviendra plus vertical, jusqu'au vrai roller (un virage en haut de vague) sur la fermeture.
Page 71 de La Méthode Malvaux : Naum Ildefonse en full round house cut-back frontside et le début de l’analyse technique
Extrait de La Méthode Malvaux, page 71 : Naum Ildefonse en full round house cut-back frontside.

Les erreurs fréquentes en cut-back

  • Déclencher trop tard, quand la vague n'a plus d'énergie et toi plus de vitesse.
  • Garder le bassin au-dessus de la planche : tu ne peux alors pousser que sur le pied arrière.
  • Trop tourner le haut du corps par rapport au bas au départ : les deux se déconnectent et ton action sur la planche perd en efficacité.
  • Regarder derrière trop tôt.
  • Garder les épaules à l'horizontale pendant tout le premier virage.

Avec des images de tes sessions, tu peux faire corriger ton cut-back en analyse vidéo avec Surf Progress.

Le virage de Yann, tracé en vert sur sa vague
Le virage de Yann, tracé sur sa vague en analyse vidéo.

Cut-back backside : ce qui change

Dos à la vague, le but reste le même : revenir vers le curl pour ne perdre ni ta vitesse ni la vague. Philippe y voit une manœuvre qu'on croise de moins en moins, l'une de ses préférées, rendue légendaire par Andy Irons, Kalani Robb ou David Rastovich.

  1. Repère le ralentissement à l'avance. Plus tu progresses, plus tu déclenches avec de la vitesse, avant que la vague ne ramollisse.
  2. Attaque par un bottom turn prolongé au pied du mur, ou par une impulsion vers l'épaule si tu es dans le mur, pour amplifier ta vitesse et dessiner le 8 le plus ample possible.
  3. Recule le pied arrière vers les dérives avant, voire juste devant.
  4. Penche-toi fort pour engager le rail, et pousse sur la pointe des pieds.
  5. Ne tourne pas tes épaules trop tôt : c'est le point clé. Garde-les ouvertes, quasiment perpendiculaires à la latte (la ligne centrale de la planche) pendant la première partie du premier virage, le buste pratiquement posé sur la jambe avant. Tu gardes un maximum de rail dans l'eau et tu conserves, voire génères, de la vitesse, en poussant fort sur la jambe arrière. La main arrière glisse sur l'eau au niveau du pied avant. Ne regarde pas derrière toi avant la fin de ce virage.
  6. Arrondis : à la sortie du premier virage, tu peux passer par le plat de la vague, comme pour un bottom turn.
  7. Termine par un deuxième virage plus radical et plus rapide, en cherchant un appui, du rebond ou de la hauteur : façon roller frontside, en anticipant avec le haut du corps, ou façon snap frontside, en balançant le bas du corps pour faire tourner la planche.

Roller, snap, reentry : on les présente dans les figures de surf expliquées.

Questions fréquentes

C'est quoi un cut back en surf ?

Une manœuvre de retour vers le curl, là où l'énergie de la vague est concentrée. Elle enchaîne deux virages sur des rails opposés, qui dessinent un 8 couché.

Cutback, cut back ou cut-back : est-ce la même manœuvre ?

Oui, les trois écritures désignent la même manœuvre. Ici, on écrit cut-back.

Quand déclencher son cut-back ?

Avant que la vague ne ralentisse. Repère une section molle ou une fin de mur, et pars tant qu'il te reste de la vitesse et un peu de mur devant toi.

Aller plus loin avec La Méthode Malvaux

Le cut-back occupe six pages de La Méthode Malvaux, le livre de Philippe Malvaux pour passer du niveau intermédiaire à expert. Si tu débutes, commence plutôt par notre autre livre, La Formation Surf.

Le livre La Méthode Malvaux
La Méthode Malvaux, 152 pages.