Pour prendre de la vitesse en surf, utilise toute la hauteur de la vague : descends dans la pente, remonte, et dessine des trajectoires en U au lieu de filer tout droit en travers. Tu parcours plus de distance dans le même temps, donc tu vas plus vite.
Dans La Méthode Malvaux, Philippe Malvaux le montre avec trois cas chiffrés.
D'où vient la vitesse en surf : les trois cas
Imagine trois surfeurs qui partent du même point du line-up (la zone où l'on attend les vagues) au même instant et arrivent à la plage dix secondes plus tard.
- Le premier va tout droit vers la plage. Il avance à la vitesse de la houle.
- Le deuxième part en travers et suit la trim-line, une ligne imaginaire qui suit le déferlement au milieu de la vague. La vitesse du déferlement se combine à celle de la houle.
- Le troisième utilise la pente sur toute sa hauteur. Il génère sa propre vitesse par les actions de son corps sur la planche.
| Cas | Trajectoire | Distance en 10 secondes | Vitesse du surfeur |
|---|---|---|---|
| 1 | Tout droit vers la plage | 50 m | 18 km/h |
| 2 | En travers, le long de la trim-line | 100 m | 36 km/h |
| 3 | Sur toute la hauteur de la vague | 150 m | 54 km/h |
Les distances sont supposées et les vitesses indicatives : la démonstration est très simplifiée. « Plus on parcourt de distance en un temps donné, plus on va vite », écrit Philippe. Celui qui descend, remonte et revient vers le curl (le creux de la vague) par un cut-back parcourt beaucoup plus de distance que celui qui va simplement en travers.

Où se trouve l'énergie sur la vague ?
C'est dans la pente la plus raide que tu prends le plus de vitesse. Normalement, elle se trouve près du point de déferlement, dans le curl, là où la vague fournit le maximum de son énergie. En général, la lèvre s'y projette vers le bas : tu peux y chercher un appui pour te lancer dans la pente avec encore plus de vitesse.

Jusqu'où descendre ?
La partie raide occupe les deux tiers supérieurs de la vague. Dans le tiers du bas, bien plus doux, la vitesse se perd peu à peu par frottement. « Si le surfeur descend trop bas, il perdra trop de vitesse », prévient Philippe. À l'inverse, tourner trop tôt coupe une descente où tu accélérais encore. Le bottom turn, le virage en bas de vague, s'amorce une fois la partie raide descendue, à un point qui change à chaque vague.
Piste bleue, rouge ou noire
Il compare aussi la vague à un domaine skiable : l'épaule, loin du curl, est la piste bleue, le mur (la paroi) la piste rouge, le curl la piste noire. C'est en piste rouge, plus raide, qu'on apprend à dessiner des trajectoires en U.
Trajectoire en surf : dessiner un U autour de la trim-line
Deux règles de glisse :
- Planche à plat : elle glisse. Moins il y a de frottement, plus ça glisse.
- Planche sur le rail (le bord de la planche) : elle tourne et tu prends appui.
La trajectoire idéale de base alterne les deux autour de la trim-line : un bottom turn sur un rail en bas, puis un top turn (virage en haut de vague) sur le rail opposé. On y arrive par étapes :
- Tu suis la trim-line, planche sur le rail intérieur. Tu es statique, tu subis la vague.
- Tu oscilles autour de la trim-line : appui sur le rail intérieur en bas, allègement dans la montée.
- Tu surfes du haut vers le bas, d'un rail à l'autre (top to bottom, rail to rail) : tout droit vers le bas dans la descente, rail intérieur en bas de vague, rail opposé en haut.

Quand l'appui en haut de vague te relance dans la pente suivante, la manœuvre est dite fonctionnelle : elle génère de la vitesse. Pour situer ce travail dans ta progression, lis les 4 piliers pour progresser en surf.
Prise de vitesse en surf : ce que font les jambes et les bras
Les jambes : fléchir pour pousser
On se retrouve souvent figé, crispé, les jambes à moitié fléchies, alors qu'elles servent à pousser sur la planche. Leur zone de force se situe généralement entre 90° et 120° de flexion aux genoux, avec les hanches autour de 90° à 100°. Ces angles sont indicatifs et varient de quelques degrés selon chacun. Dans un virage, fléchis jusqu'à environ 90° aux genoux, pas au-delà : plus accroupi, tu gagnes en équilibre mais tu perds en force.
Le rebond : ne pas amortir le virage
Avoir du rebond, c'est ressortir d'un virage aussi vite, voire plus vite, que tu y es entré. Une balle enfoncée dans l'eau puis relâchée rejaillit : ta planche fait pareil dans un virage. L'eau se comporte comme un trampoline plus ou moins souple.
- Tu arrives vite, comme souvent dans les vagues creuses et puissantes : gaine-toi pour résister à l'écrasement, enfonce la planche, puis détends-toi au bon moment.
- Tu arrives doucement, comme souvent dans les petites vagues : projette-toi vers le bas de vague pour en rejaillir plus vite.
Dans les deux cas, n'amortis pas le virage : sur un trampoline, celui qui amortit son saut ne rebondit pas.

Les bras : lestage et délestage
Lester, c'est s'alourdir. Délester, c'est s'alléger. Tes bras servent de balanciers. Envoyés d'un coup vers le haut, ils t'allègent : tu grimpes plus haut et plus loin, avec davantage de vitesse. Ramenés d'un coup vers le bas, ils t'alourdissent : utile au bottom turn quand tu manques de vitesse et que tu veux bien enfoncer la planche. Synchronise ce mouvement avec la flexion-extension des jambes, sinon il réduit l'efficacité de leur impulsion.
La durée de l'appui compte aussi. Pour générer de la vitesse, prolonge-le : un bottom turn étiré vers le haut de la vague, puis un appui tenu du sommet jusque dans la pente suivante.
Pourquoi on hésite à descendre dans la pente
On est souvent obnubilé par la peur de ne pas passer la section (la portion de vague qui déferle devant toi) ou de perdre la vague. Alors on file en travers pour accélérer et passer. La réponse de Philippe : « Pourtant, il faut oser descendre, il faut oser prendre la pente. »
Une condition : avant de prendre la pente, prends d'abord de la hauteur. Si tu as mis du temps à te redresser au take-off (le lever sur la planche) et que tu manques de vitesse, va chercher de la hauteur dans le mur avant ton premier bottom turn.

Les erreurs fréquentes
- Partir sur l'épaule et filer en travers, planche sur le rail intérieur, par peur de perdre la vague : peu de vitesse, peu d'espace.
- Descendre trop bas, là où la pente douce freine la planche.
- Tourner trop tôt et couper la descente.
Droite rapide, gauche lente : adapter sa trajectoire au déferlement
Sur les bancs de sable français, droites et gauches se comportent souvent très différemment.
La droite tendue à marée basse
Elle casse généralement très parallèlement à la plage et déroule vite. Génère ta vitesse très tôt, avant d'envisager une manœuvre, avec des trajectoires hautes pour te synchroniser avec le déferlement. Tes bottom turns ne seront jamais très profonds : trop bas sur le plat, tu perds la connexion avec le déferlement. Ici, la prise de vitesse passe avant les manœuvres.
La gauche à marée haute
Elle avance généralement davantage vers le rivage, avec un déferlement plus lent mais plus puissant. Tu as plus de temps : tes bottom turns peuvent être plus profonds, parfois très loin sur le plat, avant de revenir près du curl par un cut-back. Ici, l'exécution des manœuvres passe avant la prise de vitesse.
Le plus souvent, les deux coexistent dans une même vague. C'est elle qui dicte la trajectoire.
Questions fréquentes
Comment prendre de la vitesse en surf dans une petite vague ?
Tu arrives souvent doucement en bas de vague. Projette-toi vers le bottom turn pour en rejaillir plus vite, grâce à l'effet de rebond. Une astuce : imagine de petits trampolines en bas de vague et cherche à les enfoncer le mieux possible.
Pomper dans le mur suffit-il pour accélérer ?
Pomper dans le mur, c'est accélérer en travers en oscillant légèrement autour de la trim-line. La démonstration des trois cas, très simplifiée, montre qu'on peut aller plus vite avec une trajectoire sinusoïdale qui utilise toute la hauteur du mur.
Cette technique de surf est-elle accessible à un débutant ?
Pas tout de suite. Elle suppose que tu partes déjà en travers, ce qui correspond à un niveau intermédiaire. Si tu n'en es pas là, commence par La Formation Surf, qui t'apprend à partir en travers.
Aller plus loin avec La Méthode Malvaux
Les trois cas, le rebond, le lestage-délestage et les temps d'appui viennent du livre de Philippe Malvaux, écrit pour passer du niveau intermédiaire à expert. Les manœuvres y sont détaillées en photos et en séquences : découvrir La Méthode Malvaux.




